Vêtements utilisés de Louis XV à Louis XVIII dans la rade de Lorient

Chemises : un bourgeois, en 1783, en possédait une centaine ; un marchand drapier en avait cinquante-sept ; un boulanger, vingt quatre, un maître de chasse marée, treize. Les pêcheurs et les canotiers semblent n’en avoir guère plus de quatre ; les paysans n’en avaient que deux, voir parfois une douzaine.

Le tissu de ces chemises est rarement précisé. Un marin en avait quatre de toile et une en cotonine rayée. Caleçons : les caleçons, ou canneçons, étaient portés par les bourgeois, les commerçants, et surtout par les marins et pêcheurs. Ceux-ci en portaient de laine blanche, de guingan rayé. Seuls les paysans ne portaient pas de caleçons.

Culottes : les culottes, qui se boutonnaient sur le côté des genoux et ne descendaient pas les jambes, étaient de mode en ville comme en campagne.

Leur couleur chez les marins était bleu. Ils en avaient aussi de couleurs noires et brunes, mais en nombre plus limité. Les boulangers utilisaient des culottes blanches. Les bourgeois, comme les artisans en avaient également des cramoisies, des mordorées, des grises, des blanches et même des roses.

Les tissus les plus employés en ville étaient le velours noir et le nankin.

Le ras de castor était réservé aux hommes riches, ainsi que le satin.

Les artisans et les marins possédaient souvent des culottes de panne. Les pêcheurs et les canotiers en avaient aussi en bure et ces culottes de bure étaient parfois longues ; c'est-à-dire qu’elles couvraient les jambes.

Pantalons : Les pantalons apparurent en l’an IV (1795 /1796) chez un maître d’équipage.

En l’an XIII (1804/1805) l’inventaire d’un boulanger de Kervignac fait état d’un pantalon à raies rouges, comme ceux mis à la mode par les Parisiens. Dès l’an IX (1800/1801), un pantalon de coutil est signalé chez un paysan de Locquénin.

De l’autre côté de la rade, à Ploemeur, en 1827, seuls les vieillards osent porter leurs vieilles culottes courtes.

Dans le pays du Port-Louis, à la fin de la Restauration, l’usage des culottes étaient encore général.

Ces culottes sont soit en laine, soit en panne, en peluche, en peluche –panne, en bure, en drap, en ratine, ou exceptionnellement, en serge, et en velours. Elles étaient bleues mais aussi brunes ou noires.

Gilets : Au Port-Louis, les gilets étaient d’une extrême variété. On utilisait le coton ; le guigan, l’indienne, le nankin et le bassin. La laine était très recherchée ; on choisissait les variétés suivantes : flanelle, molleton, ratine, espagnolette, ratine, calmande, peluche. Les marins portaient des gilets de laine blanche. La soie, satin et mignonnette étaient très prisés des commerçants.

Vestes : Les vestes au XVIII è siècles, se portaient sous l’habit. Les bourgeois les préféraient en nankin et en drap de couleurs mordoré, cramoisi, écarlate, or, cul de bouteille, merdois, rose ou jaune. Les pêcheurs en portaient en bure. Le drap de Vire et la peluche étaient rares. Les vestes bleues de meunier ne devaient pas être de la même couleur bleu que celles des cultivateurs.

Habits : Les habits de ville étaient ordinairement de drap. Les marins en possédaient de ratine et de nankin : les bourgeois, de ras de castor, de velours, de camelot de chine et de pékin. La couleur dominante était le bleu, ensuite le brun.

Les paysans utilisaient généralement la bure, l’incart et le drap.

Habits- vestes : demi-habit ou grande veste, apparaît dans les milieux ruraux, en 1792. D’apres les lettres Morbihannaises de 1827 dans le lycée Armoricain, à Ploemeur, le «large habit-veste qui ne croise pas » aurait remplacé la « tunique gauloise » vers 1780.

Carmagnole : Les carmagnoles ou cramagnoles apparaissent en l’an IV (1795 /1796). Elles sont d’étoffe ou de nankin et elles se portent avec le pantalon. Il est possible que le mot « cramagnole » a donné le mot « cramaillon » pour désigner la veste courte des paysans du début du XX è siècle, veste qui s »appelait aussi « paletot ».

Paletots : celui des marins comportait des manches. Il était souvent en bure brune.

Autres vêtements local : Le frac, la redingote, la lévite, la bergobsom (berg-op-zoom), sorte de foulard sont des vêtements dont le port est rare.

Manteaux et capotes : très rares chez les bourgeois, ils sont portés par les paysans. Ils sont en ratine brune, en drap brun ou gris. Les pêcheurs portent des « vereuses », aujourd’hui « vareuse »en toile et des capotes faites également en toile ou en drap.

Cuculle : les « Lettres Morbihannaises de 1827, décrivent la cuculle comme une espèce de manteau court terminé par un capuchon Elle était à l’usage des pêcheurs, des caboteurs et des gardiens de navires.

Chapeaux : à la ville les familles en possédaient deux ; à la campagne, on n’en avait généralement qu’un. Les bourgeois en possédait un bordé d’or ; le marin est avait bordé en velours. D’autres marins en avaient des ronds dit parfois « rond à haute-forme ». De l’autre coté de la rade, le chapeau a de larges bords et une cuve sphérique, est entouré d’un cordon de velours noir et d’une boucle de similor.

Bas : les guêtres ou gamaches de toile sont rarement signalées. Sous la Restauration elles étaient en voie de disparition .IL est probable que l’on a porté des gamaches tant que les culottes n’ont pas été remplacées par le pantalon.

Les paires de bas sont signalées beaucoup plus souvent que les guêtres. Les bas étaient en fil, en coton, en laine, parfois en soie. Leurs couleurs étaient blanches, grise, ou noire.

Souliers : le sabot était la chaussure ordinaire et ne se remplaçait par le soulier qui souvent portait une boucle en cuivre, que les jours de « grande toilette ». Sabots et souliers étaient cloutés.

La profession de cloutier et de cordonnier étaient communes des deux côtés de la rade.

Dans le sabot, on garnissait ceux-ci de paille. Les chaussons étaient en usage que chez les citadins.

Robe de chambre et divers accessoires : les bourgeois avaient des vêtements propres à leur situation : la robe de chambre, ordinairement de calmande ou de flanelle, sati, ou soie ; la veste assorties à la robe, des mouchoirs de col en mousseline ou en soie, des mouchoirs de poche, rouges et bleus, des paires de gants et des cannes à poignée d’argent.

Tenues vestimentaires spécifiques aux femmes :

Chemises : les bourgeoises possédaient plusieurs douzaines de chemises. Les femmes de marins en avaient 4 à 6 , en lin ou en chanvre ; les paysannes ne possédaient que quelques chemises.

Généralement les chemises étaient en chanvre, d’autres en en réparon et d’autres en tissus grossiers.

En 1827, à Ploemeur, d’après l’auteur des «Lettres morbihannaises », la chemise féminine se terminait par un collet boutonné au dos par une épingle.

Chemisettes : Les chemisettes n’étaient portées qu’en ville. Elles étaient bleues ou brunes, parfois blanches ou cramoisies. ON en trouvait en flanelle, en drap, peluche, de ras-croisé, de popeline ou de camelot.

Déshabillés : les déshabillés n’étaient utilisés que par les bourgeoises. Ils correspondaient à la robe de chambre. Ils étaient de coton ou de basin, dans différentes couleurs.

Jupons : Les jupons étaient rares. A la ville, les bourgeois en possédaient beaucoup soit en laine, soit en coton. A la campagne, il était en drap. Leurs couleurs étaient souvent rouges, parfois violets ou verts.

Robes : Seules les bourgeoises portaient des robes Elles étaient d’indienne à fond blanc, décoré de fleurs violettes, de bouquets rouges, de grappes de raisin. IL y avait aussi des robes de laine (étamine et calmande), des robes de soie (chique, pekin, damas, popeline, satin et taffetas)

Jupes : Si les bourgeoises portaient des robes, les autres femmes de conditions plus modestes portaient des jupes. Ces jupes étaient de coton, de laine, de popeline, de flanelle, de serge. La jupe paysanne figure souvent sous le nom breton de « broh ».

Dans la première moitié du XVIII è siècle, Cillart de Kérampoul signale que les jupes, dans la péninsule située entre le Blavet et la rivière d’Etel, sont beaucoup plus courtes qu’ailleurs et » il ne faut pas que cette péninsule s’en glorifie; car, pour peu qu’elles soient et accourcies et rétrécies, on verra le gras de la jambe des personnes du sexe… ».

En 1828, à Ploemeur, le jupon et la jupe, d’égale longueur, s’arrêtaient au deux tiers de la jambe.

Camisoles, casaquins, caracos : La jupe, en ville, était portée le plus souvent avec la camisole. Les bourgeoises utilisaient aussi avec la jupe le casaquin, ordinairement de basin ou d’indienne, mais il y en avait aussi en laine (clamande, étamine, guingan) et en soie (taffetas). Les femmes de marins avaient adopté les camisoles. Par contre les cultivatrices n’en utilisaient guère

Corps : corset sans manche généralement porté par les paysannes et parfois sur leur chemise, ce qui faisait scandale. Le corps était de drap, de peluche fine ou de bure. La couleur était souvent rouge, noir ou brun. IL était pourvu de manches et parfois on l’appelait camisole.

Brassières : sur la rive gauche du Blavet, le corps se portait sur des brassières qui étaient de cadis d’Aignan, de peluche, de drap, de molleton, d’espagnolette ou de ratine. Ces brassières étaient souvent rouges, écarlates ou noires.

TABLIERS : les tabliers étaient portés par l’ensemble des femmes. L’usage en était différent .Il y avait les tabliers de « cuisine », de « d’apparat ». Les paysannes portaient les tabliers de coton, d’indienne, de toile (chanvre) et de laine. Les coquettes portaient des tabliers de soie, de mi-soie, de taffetas ou de satin. La couleur était généralement noir, mais certains étaient bleus, bruns, rayés.

Mouchoirs de cou et châles : Les mouchoirs de cou étaient réservés aux femmes de la ville.

Ils étaient en mousseline ou parfois en soie. Ils provenaient pour beaucoup de l’Inde. Les châles

(chailles ou encore schals) apparaissent pour la première fois en l’an III (1794/1795). Sous Louis XV et XVI, les bourgeoises utilisaient des « strinquerques », sortes de fichus. (C’était en souvenir de la bataille de Steinkerque car les militaires de cette bataille portaient ce genre de cravates)

Mantes : Les bourgeoises revêtaient des mantes noires de taffetas ou de satin.

Mantelets : Utilisés par les bourgeoises et les commerçantes, les mantelets contrairement aux mantes étaient d’indienne. Ces mantelets étaient noirs on blancs rarement rouges.

Manteaux : Les paysannes qui ne portaient ni mantes, ni mantelets, étaient seules à se couvrir de manteaux. Ces manteaux étaient de laine doublée.

Capes : Les bourgeoises portaient des capes de camelot (camelot sur soie ou de chine). La popeline était utilisée pour les capes des personnes moins aisées. A la campagne, il n’y avait pas de capes.

Capots : Les capots n’étaient portés que par les riches bourgeoises et commerçantes. Les premiers capots sont apparus vers 1776.Ont les appelaient « capots » ou « chantailles » ou aussi « chantal ». Le capot était d’indienne, de mousseline, de coton blanc, de linon ou de gaze, de soie et de taffetas. Les capots sont devenus au cours du XIXe siècle la coiffure préférée des paysannes.

Coiffes : En ville, les femmes utilisaient un grand nombre de types de coiffes. Les coiffes étaient conservées dans un « panier à coiffes ». Il y avait plusieurs types de coiffes : grandes, petites, béguins et serre- têtes. Les coiffes étaient parfois de dentelles, parfois unies, claires, garnies ou doubles, en coton, en mousseline, en toile et en batiste. Les bourgeoises utilisaient des bonnets ronds, unis ou à dentelles

Le nom de coiffe est différent en Bretagne selon le lieu. Ainsi, on retrouve le mot de « catiole » ; Durant la Révolution, les habitantes de la rive gauche du Blavet (Port-Louis, Riantec, Gâvres) portaient la « cornette » qui pouvait être en baptiste, longue et garnie. Les coiffes nouées (de nouer ou à nouer), parfois en mousseline, semblent être utilisées par les femmes étrangères aux pays de la rade. Il y avait aussi des « fiches nobis » utilisées par des personnes très pauvres.

Vers 1827, les femmes de Ploemeur divisaient leur chevelure en deux tresses roulées autour de la tête et la couvrait totalement par un béguin. Souvent sous le béguin, se portait un petit bonnet . Il semble que l’on puisse assimiler « petites coiffes » aux « coiffettes » ou « bavolets ».

La grande coiffe qui se prolongeait en deux vastes barbes retombant sur les épaules, n’était portée qu’à l’ occasion des grandes fêtes.

Gants, mitaines, manchons : n’existent que chez les bourgeoises

Bas, souliers : Les paires de bas étaient utilisées par toutes les couches de la population. Par contre les souliers n’étaient utilisés couramment que par les bourgeois et riches familles. Les bourgeoises utilisaient aussi les sabots fourrés ou socques. Les paysannes n’avaient généralement qu’une seule paire de souliers.

Parapluie : les parapluies apparaissent en 1783, et on n’en trouve que chez les bourgeoises. Ils pouvaient être en taffetas.

(ce document est extrait d’un texte de H-F Buffet., paru dans MEMOIRES SOCIETE HISTOIRE 1965 TOME XLV)