De l'ère Chrétienne au Moyen-âge par Roger HENRIO

Monsieur Roger Henrio, érudit historien, a voulu apporter sa pierre à ce site en présentant ses recherches sur sa ville natale de Locmiquélic.

Un ami de notre site vient de décéder. Roger HENRIO nous a en effet quitté, en emportant avec lui toute l’histoire de Locmiquelic depuis plus de 70 ans. Un hommage lui a été rendu le 27 janvier 2007 au cimetière de Locmiquélic.

Que sa famille soit assurée de notre sympathie dans cette période si douloureuse.

Avant-propos

La défaite de 1940 a modifié la vie des Français. La région de Lorient a connu successivement les restrictions, l’occupation, les bombardements et l’évacuation. Le cauchemar se termine en 1945.

Depuis cette date, intéressé par l’histoire de notre pays, j’ai mémorisé beaucoup de textes, de dates, et d’anecdotes, tout en respectant l’évolution de la chronologie des événements de notre HISTOIRE, j’ai pensé qu’il m’était possible de vous présenter en toute simplicité une petite histoire de la rade de Lorient, de la rive gauche et de l’île Saint-michel, entre l’an –200 avant Jésus-Christ et la guerre de 100 ans.

 

Chapitre I

2 siècles avant Jésus-Christ

La rade était semblable à celle que nous connaissons aujourd’hui.

Pour décrire sa rive gauche un peu d’imagination.
Il fait beau, nous sommes une heure après la pleine mer (là où les eaux du Blavet et du Scorff se rejoignent) et nous nous laissons entraîner par la rive gauche.
Dès le départ, une presqu’île rocheuse et escarpée sur laquelle sera construite dans bien des siècles le Fort de Penmané.

Toujours poussé par la marée, nous découvrons une rive hospitalière, propice à l’habitat, ce que nous confirmera la suite des «évènements jusqu’à ce jour.

Nous arrivons à un passage curieux entre deux îles. A droite une île assez grande qui semble habitée et sur laquelle on remarque un tumulus (amoncellement de terre). Elle s’appelle ILE de TANGUETHEN, et qui deviendra en 1033 l’ Ile Saint MICHEL.
A gauche un îlot dont on connaitra le nom en 1447 : Sainte CATHERINE du BLAVET, le « couvent » actuel.

Notre voyage se poursuit et vient s’achever sur une presqu’île rocheuse, escarpée, sur laquelle on construira plus tard la Citadelle de Port Louis. Au pied de cette presqu’île, un petit port qui à l’origine s’appelle « BLABIA » (petit poisson en langage Celte), puis ensuite « BLAVET », et du 5ème siècle au 17ème siècle « LOCPERAN ». Puis sous le règne de Louis XIII : PORT LOUIS.

Cette rade du BLAVET est très abritée des vents de secteur sud, et est à l’abri de toutes invasions ennemies, du fait de sa difficulté d’accès : les ERRANTS, les 3 PIERRES, la JUMENT.

Les bateaux de l’époque pratiquent le cabotage. Ils voyagent de « port en port ». Importent des bois du nord, du bitume, du sel de Guérande, du vin et de l’huile du Midi. Ils exportent des céréales des riches vallées du Scorff et du Blavet (froment, orge, seigle, avoine …) et sans doute des petits poissons salés.

L’histoire des habitants gaulois nous a été illustrée par « GOSCINNY et UDERZO », qui nous décrivent le village des « irréductibles Gaulois ».
ABRARACOURSIX, le chef avait autorité sur tous, y compris sur ses adjoints :

  • ASTERIX, porte parole et organisateur.
  • OBELIX, ministre des sports et de la chasse.
  • ASSURANCETOURIX, ministre de la culture.
  • PANORAMIX, le sage, ministre des cultes, défenseur de la religion Celte et du Dieu TOUTATIX.
  • Il est aussi distributeur de la potion magique.

 

Ils connaissaient les métaux, le fer, le cuivre, l’étain …. Fabriquaient leurs armes et leurs outils. La culture des céréales, l’élevage des bœufs et des porcs leur étaient familiers.
Pour déplacer les gens et les lourdes charges, ils avaient des chariots trainés par des bœufs et pour le passage des sols meubles ou marécageux, ils amélioraient les routes avec des dalles de pierres plates.

A l’approche de l’an 0, le monde occidental était dominé par les Romains et le héros Gaulois dont le nom nous est parvenu s’appelait « VERCINGETORIX ».

 

Chapitre II

1er et 2ème siecle

Malgré la résistance des marins Bretons (les Vénètes), les Romains envahissent la Gaule, l’Angleterre et l’Irlande.Ils s’approprient les richesses du pays et soumettent les populations.

Pour assurer leur sécurité et favoriser la surveillance du territoire conquis, ils font construire par les Gaulois devenus leurs esclaves, quelques routes stratégiques, larges, rectilignes avec des fondations profondes recouvertes de larges dalles de pierre.

Dans le sud de la Bretagne, la voie expresse épouse à peu près la trace de la voie Romaine entre Vannes et Quimper. Les Romains administrent la Gaule mais ils laissent leur autonomie aux villages.

 

Naissance du Christ :

Son rayonnement fut considérable, l’action des apôtres, et ses ambassadeurs efficaces.
Cependant la Palestine est loin ; dans les pays traversés, les religions existantes s’opposent à toutes nouveautés. Toutefois la religion Chrétienne s’imposera très lentement.

En ce temps ou les conflits sont assez fréquents entre villages voisins, chacun d’entre eux se trouve un chef auquel il demande d’assurer la protection de sa famille.
Défenseur du territoire de son village et en l’absence de toute règle, il considère que le village lu appartient.La propriété varie au gré des conflits, tout de même espacés de quelques années.

Ile TANGUETHEN

Pour les bretonnants : TAN = feu.
Tanguethen ? Éclair de feu ?, éclat du feu ? , feu d’entrée dans la rade ? … beaucoup d’idées mais aucune certitude.

Une tradition ancienne avait confié à ses habitants, la surveillance des bateaux, et à leur chef le droit d’imposer une taxe sur la valeur des marchandises. Enrichie avec ce « DROIT DE TREPAS », la possession de Tanguethen était l’objet de bien des convoitises.

 

Chapitre III

Chaque combat entre villages voisins désigne un vainqueur qui s’empare du terrain et des biens du vaincu. Il agrandit son domaine, s’enrichit et son ambition le pousse à recommencer l’opération contre ses nouveaux voisins. Au fil du temps, il devient puissant et sans complexe, et s’attribue le titre de « SEIGNEUR ».

C’est ainsi que naît une importante Seigneurie limitée à l’est par l’ELLE, à l’ouest par le BLAVET, au nord par une ligne : GUIDEL, MESLAN, BUBRY, et au sud par la mer englobant l’île de Tanguethen.

Cette seigneurie a son siège à HENNEBONT et s’appelle KEHMENET- HEBOE.
KEHENET : territoire commandé par ...
HEBOE : nom du premier seigneur

Au cours du 3 ème siècle, les Romains qui, en Italie sont en lutte contre des « barbares méditerranéens » quittent la GAULE.

Au cours du 4 éme siècle, le DRUIDISME a disparu ; La GAULE est totalement GAULOISE et CHRETIENNE.

Le clergé impose sa morale, devient un guide spirituel et introduit auprès des croyants les notions de « PARADIS et d’ENFER ».
Pour le salut de leur âme beaucoup de seigneurs offriront des dons à l’Eglise.

 

Chapitre IV

Au 1er siècle, l’Angleterre et l’Irlande avaient subi comme la Gaule l’invasion Romaine.Au 4ème siècle, les 2 pays vivaient sous la menace des Anglo-Saxons (vikings et hommes des pays nordiques ; évangélisés par saint Patrick, les Irlandais deviennent de fervents chrétiens).

Aux 5èmes et 6 ème siècles craignant leurs voisins Anglais ou se sentant investis d’une mission apostolique beaucoup de moines Irlandais débarquent en Bretagne.

Ce sont des ermites ; Ils s’installent souvent sur les sites élevés , le long du rivage ou d’un cour d’eau .Ils vivent modestement, sont très serviables et bien admis par leurs hôtes qui leur vouent une sorte de culte Le clergé local les sanctifie.

 

Beaucoup d’entre eux ont laissé la trace de leur passage par des noms de lieux : Saint Cado, Saint Caradec, Saint Tual à Groix, Saint Pierre (PEZRAN) à Port-Louis, Saint Guthiern à Kervignac, Saint Cornely à Carnac...

Quelques moines Bretons et Irlandais obtiennent le droit de construire un Prieuré sur l’île de TANGUETHEN .Pour cela ils détruisent le « tumulus » qui aurait couvert des tombes de dignitaires du Druidisme.
Bien qu’ils ne soient pas propriétaire de l’île, ils perçoivent le droit de TREPAS ( ce conflit entre propriétaire et occupant durera jusqu’en 1033).

Au cours des 2 siècles qui suivent ( 7ème et 8ème ) , certains seigneurs ambitieux ,rêvant de puissance et de richesses sont en conflits permanents avec leurs voisins ; d’autres préfèrent vivre de longues périodes de paix .Les seigneurs proches de la région de LORIENT sont de la deuxième catégorie).

Chaque Seigneur, petit ou grand, assure la paix sur son domaine .Tous sont unis par la religion commune .Ils ont une langue commune et officielle ; le LATIN et des langues très voisines entre elles.

Les paysans, libres ou asservis, cultivent les terres ; pratiquent l’élevage, construisent ou entretiennent les routes, améliorant leur vie, font de l’artisanat : vannerie, poterie, bijouterie, et édifient d nombreux édifices religieux : oratoires, monastères, chapelles et églises. CLOVIS est roi des FRANCS.

 

Chapitre V

Au 5ème siècle , les Normands avaient envahi l’Irlande, provoquant l’exode de nombreux moines vers la Bretagne. Apres avoir pillé les richesses et savouré leur victoire, les Normands décident de conquérir la BRETAGNE.

Au 9ème siècle, ils débarquent, ils imposent leur mode de vie, leur religion mais surtout se comportent en véritable barbares.

Ils rasent les villages, brulent les récoltes, détruisent tous les édifices religieux ( le nom de NORMANDEZE pourrait daté de cette barbarie ?? )

En l’an 937, un chevalier breton, Alain BARBEFORTE décide de les combattre : Vainqueur à Saint Brieuc, puis à Dol , il les écrase à Nantes.

Peu à peu le came revient : les seigneurs et le clergé récupèrent leurs biens et leurs droits .La religion sort renforcée de cette époque désastreuse.

Les villages, les chapelles sont reconstruites et les terres ensemencées.

En 1029, le clergé décide la mise en chantier à Quimperlé de l’abbaye de Sainte Croix , Celle-ci, devant devenir un centre d’études philosophiques et théologique de très grande renommée .Les travaux coutent chers et on fait appel aux dons.

En 1033, parvient à l’abbaye un texte ainsi rédigé :
« Moi UGOLIN, seigneur d’HENNEBONT et du KERMENET-HEBOE, pour le salut de mon âme, de celle de mon épouse EVR ?? et celles de mes enfants, fais don à l’Abbaye de Sainte Croix de l’île de TANGUETHEN, telles que je l’ai reçue avec les droits attachées à sa possession. »

Les moines de QUIMPERLE, devenus propriétaires de l’île exerceront leur droit de TREPAS et conserveront jusqu’au XVII ème siècle , lorsque PORT-LOUIS deviendra le siège de la Compagnie des Indes.

En cette même année, 1033, les moines de QUIMPERLE changeront l’appellation « ILE DE TANGUETHEN pour lui attribuer celui d’ ILE SAINT MICHEL ».

En 1385, sans doute dans le capitulaire ( ancien cadastre ) de l’Abbaye de Sainte Croix figure le nom de « LOCMIKAELIC » ( lieu de culte consacré à Saint Michel) et ordinairement pourvu d’une chapelle souvent entourée d’un cimetière.

 En 1570, environ Henri de Navarre devient roi de France sous le nom de Henri IV depuis la mort d'Henri III , entreprit la conquête de son royaume. Il charge le jeune Henri de Bourbon, prince de Dombes, d'intervenir en Bretagne .
Jérôme d'Arradon, qui souhaitait étendre son gouvernement sur le port du Blavet, tenta plusieurs incursions, soit en personne, soit par l'intermédiaire de ses frères René et Christophe.
Mais ces coups de mains ne réussirent qu'à enlever le couvent de Sainte-Catherine à Locmiquelic et à brûler les maisons de Locmalo.
Le Prince de Dombes qui se trouvait  à Rennes conçut l'idée de s'emparer d' Hennebont  et de s'appuyer sur Blavet pour fermer ce port aux étrangers. Le projet était ambitieux, mais périlleux, car il  fallait traverser un pays totalement occupé par les ligneurs sur une distance de 150 kms.
Dombes quitta Rennes dans les premiers jours d'avril 1590 avec une armée  composée de 2500 arquebusiers et de 50 "bons chevaux". 
 Il avait eu soin de demander à Brest l'acheminement vers Hennebont de huit gros canons et de quartre couleuvrines, forte artillerie pour l'époque. Arrivé sans encombre devant Hennbont le 14 avril, Dombes somma Arradon de se rendre. celui-ci, disposant d'à peine 200 soldats, refusa et persista dans son refus lorsque l'artillerie mise en batterie envoya quelques volées de boulets contre les remparts.Le 25 avril Arradon se rendait ?????         
 


 Menhir de Locmiquélic

L’Abbé DANIGO , historien, a relevé sur un document cadastral (date non précisée) deux sites très proches l’un de l’autre.

Le 1er : MEN-ER-RUN : pierre de la colline, Le 2ème : PARK-ER-VERED : Champ du cimetière

Le 2ème terme a été confirmé puisqu‘à ce lieu des ossements ont été découverts en 1950 et en 1970 lorsque l’adduction d’eau et l’évacuation des égouts ont été réalisées.
Toujours selon l'Abbé DANIGO, des morceaux de vêtements ont été retrouvés lors du déplacment.
Tous ces reliques ont été placées dans le caveau municipal. 

Le rapprochement de ces 2 éléments autorise à penser que c’est là que la première chapelle de Locmiquélic a été construite.

Ni les dates ni même les époques de construction et de démolition de cette chapelle ne peuvent être prouvées Note : si la visite de ce menhirs vous intéresse vous le trouverez sur votre droite dans la Grande-Rue, qui mène au port de Sainte Catherine , la rue de Normandez qui vous conduira à la pierre dite  « MEN-ER-RU ».
 

Convent de Sainte Catherine

Dans un îlot de la rade, relié à la terre par une digue, un couvent de Franciscains fut fondé en 1447 par Pierre de Bretagne en faveur des Cordeliers de l’Observance .On lui donna le nom de Sainte Catherine de Blavet.

Devenu Couvent des Récollets et les bâtiments abandonnés peu à peu , l’îlot fut vendu en 1870 pour y construire une maison bourgeoise.

De l’ancien couvent, seul subsiste le mur d’enceinte.
    Le bâtiment actuel fut loué Une arte postale en apporte la preuve   

L’ histoire tumultueuse du couvent fait l’objet d’un article du livre : Eglises et Chapelles du doyenné de Port-Louis et de Groix par Joseph DANIGO.
                                                °°°°°°
Comtesse de HERCE (archives du château de PENVERN? entre XV ème et XIX ème siècle) )
Les archives de la Comtesse font états  des familles ; DU PERONNO; BAHUNNO; LE DIOUGEUL; JEGOU; LESPERVEZ; KERVENO; ROGIER et DERVAL.
La Seigneurie de RIANTEC Kersabiec en LOCMIQUELIC  fait état dans ses archives.
                                       """""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""

Le château de KERZO                                                                                                                           

Autrement le Château de KERZO  était sur la commune de LOCMIQUELIC
Actuellement , ce château est sur la commune de PORT-LOUIS.  Le ' château ' situé sur la pointe de Kerzo, dont il ne reste que deux tourelles romantiques, est détruit pendant la guerre de 1939. Henri Guiheneuc, maire de Port-Louis, y fait édifier une résidence de plaisance vers 1878, dans cette propriété où se trouve aussi une redoute de 1794, une partie des fortifications de l'avancée et un beau parc.
Ensuite ma mairie s'en défait et c'est un marbrier de LORIENT qui l'achète. Ce marbrier est décédé dernièrement et la succésion pour 8 enfants pose problème. 
De plus la mairie de Port-Louis serait "préempteur"  
                                                   °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
La pratique religieuse à Locmiquelic en 1933
Le Diocèse de VANNES, par Monseigneur TREHIOU, a éffectué une visite une visite des églises du département. Concernant les communes de PORT-LOUIS et LOCMIQUELIC, les constatations suivantes ont été faites :
-environ le 1/5 ème de la population pratique la religion. Les ouvriers et les pêcheurs sont de médiocres paroissiens. 
Bien des prêtres dénoncent les distractions profanes : dancing, cinémas, bicyclettes et autocars participent à substituer le plaisir à la prière.