Chansons et poèmes

Locmiquélic par Vincent LE GRUMELEC

1- Parrainée par l’archange, le patron Saint Michel
Qui apprend au Blavet à déployer ses ailes
Une communauté naquit près d’un autel
Quelques années avant les murs d’une citadelle

2- Du couvent de Catherine au fort de Pen-Mané
Les années ont forgées ses cotes découpées
Petit bout de colline à son extrémité
Cette cité marine s’ouvre au monde entier

Refrain :

Petit Michel garde au milieu de l’eau
L’esprit fier de tous tes matelots
Qui ont fait d’un village à l’estuaire du Blavet
Une ville de marins qui t’offre son respect
Berceau de mon enfance aux côtes magnifiques
Ma cité maritime se nomme Locmiquélic

3- Capitaines aux longs cours, matelots dégourdis
Sur la mer s’en allaient pour nourrir leur famille
Le caractère salé de nos marins suffis
A faire de ce village à lui seul une patrie

4 - Le nom de Minahouët reste aussi peu banal
Que l'outil qu'ils portaient jadis à l'arsenal
Pour la gloire du pays, l'honneur de la Navale
Nos hommes chaque jours franchissaient le chenal


Refrain

5- A l’aube des années qui s’ouvrent sur nos yeux
La mémoire de ces hommes est pour nous merveilleuse
Pour affronter le temps des cœurs de nos aïeux
Resteront dans nos âmes pour nous garder glorieux


Refrain

Le CD contenant cette chanson peut être vendu sur demande sur ce site. (http://www.rhum-et-eau.com/)

 

Orchestre 1960

L'un des membres est monsieur Alain Quéré que nous remerçions de nous avoir expédié ces photos.
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Une conteuse du Pays Outre Rade : Stéphanie Guillaume

Stéphanie Guillaume est née le 30 décembre 1860 dans un pays qui se situe à l’entrée sud –est de la rade de Lorient, presqu’ile à ras de mer constituée de deux milieux principaux : à l’ouest des massifs de leucogranites à gros grains dans une disposition générale nord-sud, creusés partout de criques et d’anses (PortPuns et Le Goarem vers l’Armor, Porh-Guerh à l’opposé), jusqu’à la passe du Lohic séparant Gâvres de Port-Louis ; Ce plateau, coté est, sert d’ancrage à un cordon de dunes littorales contiguë jusqu’à l’embouchure de la rivière d’Etel et au-delà, jusqu’à Quiberon.

Cette teùen ou falaise, longue de 6 kms, délimite au nord la « petite mer de Gâvres », cet autre « Morbihan » du département. Au fond de cette lagune, l’élargissement du cordon dunaire soude au continent tout l’espace terraqué précédemment décrit.

Gâvres n’est certes pas une île, (encore qu’en 1657, une supplique du recteur de Riantec adressée au Prieur de Gâvres (ce prieuré dépendait de l’Abbaye Saint Gildas de Rhuys) comporte l’expression l/’ISLE DU GAFFVRE. /Un acte notarié de 1749 utilise concurremment ISLE et PRESQU’ISLE).

(Chose qui risque de revenir avec la destruction de cette zone, organisée par les Ciments LAFARGE, par l’extraction de 600000 tonnes de sable par an et cela pendant 30 ans, si nous nous laissons faire. A ce propos voir le site : http//peupledesdunes.blog.com/ qui permet de rentrer en communication avec l’association de Défense (note personnelle de l’auteur),

Mais sa situation particulière y a déterminé une mentalité et un mode de développement insulaire en raisons des difficultés de communications, tant par voie maritime (en atteste la chronique des accidents survenus dans la « traversée du passage », ainsi que terrestre puisque la route à travers les dunes date de l’intégration de la presqu’île au système de défense de Lorient et de sa base sous –marine, sous l’occupation Allemande de la guerre 1939/1945.

L’habitat de cette presqu’île, au XIXe siècle, se répartit entre 2 villages distincts, implantés sur les zones rocheuses, Gâvres au sud, ancienne fondation de l’Abbaye Saint Gildas de Rhuys et Ban-Gâvres au nord, formation plus récente à partir du XVIIIe siècle.

C’est aujourd’hui une distinction que l’on ne perçoit plus dans le paysage, la prolifération des constructions a fait disparaître la zone sablonneuse ou marécageuse intermédiaire<./p>

Du moins a-t-on conservé le souvenir d’une « barrière » certes plus symbolique qu’effective. Mais dont la compréhension éclaire le propre itinéraire de Stéphanie Guillaume : née à Gâvres même en 1860, servante dans une auberge au même endroit dans sa jeunesse, puis s’installant à Ben-Gâvres ultérieurement ou elle est recensée comme journalière, c'est-à-dire vraisemblablement employée aux usines de sardines, avant, une fois mariée, de franchir le chenal et de s’installer au Port-Louis.

Ce que l’on perçoit en interrogeant cette « « barrière » » ce sont les apparences des différences de mentalités : si les veillées d’hiver s’organisent par quartier, si Gâvrais et Bangâvrais, du moins les hommes, ne se mélangent pas à l’église, transept sud contre transept nord, c’est un peu en raison d’options différentes sur l’époque des Chouans. Les « Chouans plus religieux et les autres « rouges » disposant sur leurs terres de l’’édifice républicain et civil : la mairie.

Les équipages de navires étaient toutefois mélangés et les changements des vents et des courants se chargeaient du lieu de mouillage : Porh Guerh, Port Puns, Le Gouarem ou le chenal de Port-Louis. Plusieurs pêches, se partagent l’année. Un extrait du Cahier de Paroisse, en 1894, et les témoignages d’aujourd’hui, permettent de décrire ces différences.

La pêche d’hiver aux gros poissons, mulets et bars se fait à la senne ou au trémail et à la battue, tantôt aux Glénans et sur les côtes du sud-Finistère jusqu’à Audierne tantôt jusqu’à Groix, Quiberon ou Belle-Ile. Les équipages comportent une douzaine d’hommes ; chaque campagne dure de huit à quinze jours.

Deux autres pêches occupent la belle saison, la( ?) maquereau puis la sardine.

Quatre-vingts bateaux font la pêche à la sardine. La moyenne des équipages est de cinq hommes et un mousse. Les bateaux, d’abord creux deviennent ensuite demi-pontés.

En 1861, on relève 409 habitants d’un côté et 408 de l’autre. En 1896, les chiffres relèvent une toute autre situation 372 pour 733 habitants.

Entre ces deux dates on est passé du système des presses artisanales apparues vers 1830, les friteries ou frikasses, aux usines, avec l’essor de Port-Louis.

En 1861, il y avait une quinzaine de fileuses, cinq tonneliers, deux paludiers à Karsahu…. 35 ans plus tard, c’est ajusteurs, boîtiers, forgerons, maîtres d’école, pharmacien, cafetiers qui ont remplacé les anciens métiers.

A coté de l’église, en descendant vers Port Guerh, se tenait un café, tenu par la « Kokolakenn ». La nuit cette même patronne pratiquait la « felt » ou pêche avec du naissain de crevettes, utilisé comme appât pour la pêche à la sardine.

Stéphanie GUILLAUME sera servante dans ce café.

En 1886, Stéphanie demeure encore à Gâvres ; puis en 1889 vient sur Ban-Gâvres comme employée dans une frikasse.

C’est là qu’elle épouse un certain Louis Morvezn né à Lanriec en 1864 (région de Concarneau (Finistère). Cet homme est boîtier ou zin-zin par qu’il pratiquait la soudure d’étain à la main des boîtes de sardines.

Apres la naissance du 1er enfant, le couple s’installe rue de la Pointe à Port-Louis.

De cette période, on perd la trace de cette femme. Les éléments qui nous sont connus par la suite sont dus à Yves Le Diberder qui a consigné cela dans une revue sur le folklore de Gâvres.

Elle serait devenue partiellement aveugle, pauvre et battue par son mari.

Par contre elle savait très bien écrire (l’acte de mariage le prouve) et donc n’était pas illettrée.

Yves Le Diberder à donc écouté, noté les contes de Stéphanie.

En 1913, après trois récits dont un d’ozegan, il y a seize récits de sirènes d’écrit. Puis en 1915, elle sort 16 récits d’ozegan ; Courant 1916, les deux thèmes se mêlent, en même temps qu’elle introduit deux autres êtres fantastiques : le « groah » et le « bugul-noz ».

Ensuite, elle écrit beaucoup de contes plus classiques ; en tout on compte 74 récits.

Peut être sentait elle la fin de sa vie puisqu’elle décède le 30 mars 1922 à l’hospice de Port-Louis.

Texte en Breton (partiel) :
Merci,ozegan
Laras er verh yevanc
M’es chet afér dohod
Aveit eurenag eit argant
M’es bokedea Chine
Aùit rein d’oh, plah yevanc
De lacatar hou pen,
Est el ur gouronrn
Hei e zichuihas get hi voulad deur
...

 

Traduction en Français :
Merci, ozegan
Dit la jeune fille
Mais je n’ai pas besoin de vous,
Ni pour or ni pour argent.
Moi, j’ai des fleurs de Chine
A vous donner, jeune fille,
Pour en faire sur votre tête
Comme une couronne
Elle posa son pot d’eau pour se reposer
...


Conte complet de Stéphanie Guillaume 12 /10 /1913 La Sirène et la Vieille Mise à Garder l'Ile

Une fois par dessus les autres jours, voilà qu’arriva une sirène au bord de la grève. Elle appela une vieille femme qui ramassait des moules et lu dit :
- Ce n’est pas la peine de venir à la grève .Combien avez-vous chaque jour pour les moules que vous vendez ?
- Des moules que je vends, je retire juste deux sous de pain, deux sous de soupe et deux sous de lait.
- Tout cela, ma pauvre femme, ne fait jamais que six sous. Si vous voulez m’écouter, lui dit la sirène, vous viendrez avec moi. Seulement vous aurez de la peine, car il faudra faire ce que je vous dirai ; mais vous serez quand même plus heureuse que sur cette grève. Je vous ferai gardienne d’une île où personne n’a jamais pu tenir.
- Je n’ai pas trop peur, lui répondit la vieille. Mais si de mauvaises gens me tombaient dessus, Ils me tueraient, et je perdrais la vie à cause de vous, sirène.
- Si je passe une nuit tranquille, je resterai pour toujours, jusqu’à la fin.
La première nuit qu’elle passa sur l’île, elle entendit une pluie, un vent !

« Mon Dieu, se disait elle, ma vie va s’achever cette nuit ! Je ne suis pourtant pas peureuse et je ne crois pas que j’aurais peur d’un homme. Puisque la sirène m’a dit que personne ne venait sur cette île, mieux vaut encore être sur la grève à ramasser des moules.

La première nuit se passa donc à peu près bien. Le lendemain, la sirène alla la trouver et lui dit :
- Vous n’avez pas été effrayée la nuit dernière ?
- Je n’ai entendu que la pluie et le vent.
- Cette nuit, lui dit la sirène, faites attention, une bande de gens va arriver sur l’île.
- Dites moi seulement, sirène, si ce sont êtres vivants ou des morts.

Des morts je n’aurai pas peur, mais des vivants peut-être, car les morts ne font de mal à personne, mais des vivants il faut se méfier. Pas de tous mais de certains.

La sirène répondit :
- Vous ne resterez pas plus de huit jours sur cette île. Il y en a eu cent avant vous qui n’ont jamais tenu plus de trois ou quatre jours.
- Au huitième jour, sirène, puisque vous me le dite, je partirai donc, si du moins je ne perds pas mon chemin ici!
- Vous ne perdrez pas votre chemin ; à votre âge on retrouve toujours son chemin.

Quand arriva le huitième jour la pauvre femme criait tout ce qu’elle pouvait :
- Ne valait-il pas mieux rester sur la vasière, s’écria-elle, que de venir sue cette damnée île !

La sirène la rejoignit au bord de la mer :
- Vous êtes la première à être restée aussi longtemps ici. Qu’avez-vous la nuit dernière lui demanda t’elle ?.
- Je n’ai rien vu, lui dit la femme, ni rien entendu, mais j’ai eu trop peur les nuits d’avant de ce que j’ai vu et entendu. Hier soir c’était plein de monde, des hommes et des femmes.
- C’est moi, dit la sirène, qui ai envoyé tous ces gens-là sur votre île pour vous mettre à l’épreuve, pour savoir si vous auriez eu peur.
- J’ai eu assez peur, sirène ; j’en ai reconnu certains.
- Vous pourriez peut être me dire lesquels vous avez reconnus ?
- Moi, je ne suis pas de ce pays-ci, ce sont des gens de partout qui ont péri en mer. Et vous, sirène, vous n’êtes que tromperie : vous voyez des gens garder votre île pour les effrayer, les épouvanter. J’aime encore mieux mon morceau de pain sec et ne pas souffrir le martyre. Combien, sirène, me donnez-vous pour les huit jours ou j’ai gardé votre île ?
- Cinq sous par jour je pense que c’est assez, dit la sirène.
- Cinq sous par jour, cela ne fait pas lourd ! A la grève j’en gagnais six et je ne vivais pas dans la peur, je ne craignais pas pour ma vie.

La sirène lui dit :
- Je ne veux pas me moquer trop de vous. Pour vos huit jours, je vous donne une pièce de vingt réaux.
- Merci, sirène, pour votre argent et pour vos cinq sous, mais j’ai trouvé un trésor dans l’île et je n’ai plus besoin de vos vingt réaux ni de vos sous. A présent, je rentre chez moi et vous n’avez qu’à chercher qui vous voudrez pour garder votre île. Je m’en retourne la bourse pleine, et quand j’arriverai dans mon pays, je construirai un manoir et comme j’ai été servante avant, maintenant je serai maîtresse et j’aurai des gens pour me servir.

Extrait de : Presses Universitaires de Rennes, Michel Ory

Chanson ALERTE (1940)

Chanson écrite pendant les bombardements anglais par un inconnu mais reprise par les gens du coin. (sur l’air d‘Auprès de ma blonde).

Ah ! Quel plaisir l’on a
D’entendre la D.C.A.
Quand les avions anglais

Survolent nos remblais
Nos cœurs en les voyants
Redeviennent confiants

Notre Empire colonial
Entre aussi dans le bal
Et notre belle France
Aura sa délivrance
Vive la Liberté
Dans la Fraternité !

Refrain
Vole à tire d’aile
Reviens vers nous chaque soir
Vole et sur tes ailes
Porte nous l’espoir !

CHANSON DE LA REGION DE LORIENT

A LORIENT LA JOLIE

J’étais jeun’ matelot cherchant un capitaine
Pour voguer avec lui vers les Indes lointaines
Rencontre un compagnon de belle et fière allure
Veux-tu v ‘nir avec moi, grimper dans la mâture
Viens au bistrot du Port pour une signature
Tu verras le bosco, fais-lui bonne figure
Dans la taverne sombre y’ avait un’ jeune fille
Beau yeux bleus, cheveux blonds, peau sentant la vanille
Mon cœur reçut un choc, ne voyais plus qu’la belle
Plus question de partir, voulais rester prés d’elle
Le maître d’équipage appela la servante
Verse-nous donc à boire de ton vin d’Alicante
Me réveillais soudain, j’étais sur un navire
J’entendais les mat’lots crier : On vire, vire !

(Paroles de P. LECOUSTUMER)
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J'ai trouvé ce texte de chansons dans un vieux cahier que les élèves  de l' Ecole Primaire Supérieure et Pratique de LORIENT chantaient ,et, même si il ne parle pas de la région Lorientaise, il reprend le plaisir de la pêche et du pêcheur 
  

Le plaisir de la pêche
Le plaisir de la pêche
à Marseille
Quand s'éveillent
Les beaux jours de la belle saison
Dans les barques
On s'embarque
Pour taquiner le poisson
Les girelles nous appellent
Comme des sirènes dans la mer
Et l'on jette
Quelle fête
L'ameçon dans les flots verts
Refrain
Ah! qu'il est doux le plaisir de la pêche
C'est le régal parfait
Du joyeux marseillais
Le plus faignéant pour pêcher se dépêche
Le plus blasé ne s'en lassa jamais
Quand ça pîte, pîte, pîte
Quant ça pîte à l'hameçon
On retire vite vite
On retire le poisson 
Ah, qu'il est doux le plaisir de la pêche 
C'est le régal parfait des marseillais
°°°°°°°
La tempête
Qui nous guette
N'arrête pas les vrais pescadous
Si la vague 
Fait des vagues
Nous palissons .......et c'est tout
Mais peuchère 
Sur la terre
Lorsque bredouille nous revenons
On s'arrête 
Chez Ninette
Qui nous vend du bon poisson  
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Quoique rien ne vaille 
Je veux que la Baille
Garde précieusement 
Mon court testament
Pelotez vos bielles 
Et vos manivelles 
Je préfère au fond 
Mon humble goudron
A tout le charbon
Que soulèveront 
Vos pelles 
(C.A. DRUYON)
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Chansons de bord
site:www.musicme.com/Armand-Hayet
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